estacade

estacade

estacade [ ɛstakad ] n. f.
• 1671; estaquade 1578; it. steccata, de stecca « pieu »
Barrage fait par l'assemblage de pieux, pilotis, radeaux, chaînes. Estacade qui ferme l'entrée d'un port, d'un chenal, qui brise les vagues, les courants. digue, jetée.
Jetée à claire-voie.

estacade nom féminin (italien steccata, palissade, de stecca, pieu) Plate-forme surélevée pour permettre le chargement des matériaux par gravité. Ouvrage établi sur appuis discontinus, tels que pieux, colonnes, etc., pour supporter une voie d'accès à un phare, permettre l'accostage de canots, etc. Obstacle flottant ou fixé sur le fond, destiné à interdire l'accès d'un port ou d'une rade aux navires ennemis. Ouvrage prolongeant le bajoyer d'une tête d'écluse et facilitant l'entrée des convois poussés (estacade de guidage) ou permettant à un bâtiment de stationner sans gêner la navigation (estacade de garage).

estacade
n. f. Ouvrage constitué d'un tablier supporté par des pilotis, servant de brise-lames ou d'appontement.

⇒ESTACADE, subst. fém.
A.— Construction à claire-voie, faite d'un assemblage de madriers disposés sur une rivière, un canal ou à l'entrée d'un port dans un but de protection. Construire une estacade; estacade de renfort, d'arrêt. (Quasi-)synon. brise-lames, jetée, digue. On apercevait, au fond d'un golfe, une estacade, le petit port d'un petit village (VAN DER MEERSCH, Empreinte dieu, 1936, p. 137) :
L'estacade pourtant résistait. À chaque lame qui la couvrait d'écume, les charpentes noires, enduites de goudron, reparaissaient sous l'eau blanche.
ZOLA, Joie de vivre, 1884, p. 985.
Spéc., MAR. MILIT. Barrière flottante établie à l'entrée d'un port pour le protéger (des navires ennemis). Les Turcs avaient construit deux forts au point de bifurcation, l'un sur la rive droite, l'autre sur la rive gauche [du Don devant Azof], reliés entre eux par une estacade et une chaîne (MÉRIMÉE, Hist. règne Pierre le Grand ds Journal des Savants, 1864-68, p. 675).
B.— P. ext. Jetée à claire-voie. (Quasi-)synon. appontement, débarcadère, wharf. Mais il n'y avait pas une embarcation sur la grève, pas un canot à l'estacade qui servait d'embarcadère (VERNE, M. Strogoff, t. 2, 1876, p. 116). Lorsqu'on établit le port dans une rivière, l'accostage des bâtiments s'effectue le long d'estacades ou de quais longitudinaux (BOURDE, Trav. publ., t. 2, 1929, p. 266).
C.— P. anal., CH. DE FER
1. Plate-forme en charpente destinée à faciliter le chargement du charbon. Des wagons à portes de fond [sont amenés] (...) sur voies ferrées au-dessus de trémies débordant sur estacades à l'aplomb des chalands à remplir (HATON DE LA GOUPILLIÈRE, Exploitation mines, 1905, p. 254).
2. Pont de chemin de fer construit sur pilotis de bois. Au-dessus d'un ruban d'étain sale, humilié au fond de sa fosse, les estacades géantes, les échafaudages d'où les wagons basculent, pareils aux ponts long jambés des Rocheuses (GRACQ, Beau tén., 1945, p. 104).
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1566 enstacatte « enceinte, champ clos » (CHAUMEAU, Hist. de Berry, 239 d'apr. A. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr. t. 12, p. 141); apr. 1578 estaquade (BRANTÔME, Discours sur les duels, VI, 252 ds HUG.); 2. 1585 estacada, estacade « digue servant à fermer le passage d'un chenal » (GRANVELLE, Corresp., t. 12, p. 69 ds HERB., p. 77), attest. isolée; 1671 estacade (POMEY). Empr. : — soit, avec infl. des représentants de l'a. b. frq. stakka (a. fr. estache, ca 1100, Roland, estaque « pieu, poteau », v. FEW t. 17, pp. 195b-196a), à l'ital. steccata « enceinte, palissade » (à l'orig. du fr. stec(c)ade, fin XVIe et début XVIIe s.) attesté dep. le XVIe s. (Baldini d'apr. DEI), forme fém. de steccato « id. », dér. de stecca « bâton, pieu », du got. stikka« id. » (v. FEW t. 17, p. 231); — soit à l'esp. estacada (dep. 1492, Nebrija d'apr. COR.), dér. de estaca « pieu », du got. stakka; les formes supra 1566 et 1585 sont respectivement empr. à l'ital. et à l'espagnol. Fréq. abs. littér. :35. Bbg. Archit. 1972, p. 176. — HOPE 1971, p. 192. — WEXLER 1955, p. 88, 127.

estacade [ɛstakad] n. f.
ÉTYM. 1671; estaquade, 1578; eustacatte, v. 1566; var. stecade; de l'ital. steccata, de stecca « pieu »; longobard (gotique) stikka; d'abord « champ clos », et par ext. « duel ».
1 Barrage fait d'un assemblage de pieux, de pilotis, de radeaux, de chaînes. || Une estacade ferme l'entrée d'un port, d'un chenal, brise les vagues, les courants. Brise-lames, digue, jetée.
1 Les ennemis s'emparèrent des forts qu'on avait faits à Vigo et des batteries qui en défendaient l'entrée, forcèrent l'estacade qu'on y avait faite.
Saint-Simon, Mémoires, 109, 171.
2 Au milieu du tableau Les Miracles de saint Benoît de Rubens, dominant la scène et s'avançant sur une espèce d'estacade, S. Benoît coiffé du capuchon et suivi de ses frères, levant une lourde main pour bénir.
Claudel, Journal, 5 janv. 1937.
Jetée à claire-voie. Appontement, débarcadère. || Estacade sur une rivière pour protéger un pont en aval.
3 Il leva la tête et vit, au plus haut de l'estacade, toute tendue, mais inclinée déjà dans sa chute et lançant avant elle sur les eaux l'ombre qu'elle semblait viser, Stéphy qui plongeait.
Giraudoux, les Aventures de Jérôme Bardini, p. 82.
2 Techn. (ch. de fer). Vieilli. Plate-forme en charpente pour faciliter le chargement du charbon sur une locomotive.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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